Carnet de Lydia…

La légende de Matsang.

Une légende raconte que dans les montagnes de l’Himalaya, un sherpa serait tombé nez-à-nez avec un yéti blanc dont les pouces étaient manquants. Pris de panique, l’homme resta pétrifié devant la créature. Mais la peur lui donna des ailes et il se mit à dévaler la montagne à toutes jambes, en faisant des roulés boulés.

Arrivé au village, il fit part de sa mésaventure à tous ses amis, dans la salle principale réservée aux hommes. Les rires fusèrent. « Un yéti albinos sans pouce ! tu devrais prendre ta retraite ; le yéti n’existe pas… »

Vexé, Outsang quitta les lieux, il n’osait même plus sortir de chez lui. Jusqu’au jour où un vieil ébéniste du village voisin vint retrouver l’homme et lui dit avoir vécu la même chose quand il était sherpa. Oustang était soulagé, il n’avait pas rêvé. Comment faire croire aux autres que le yéti n’est pas une légende…

Finalement, le temps passa, plus personne ne reparla de cette histoire. Mais un beau matin, la femme d’Oustang mis au monde un petit garçon prénommé Matsang. Un silence traversa la pièce ; Oustang tomba à la renverse : son fils était albinos et sans pouce.

Tous les villageois se précipitèrent pour honorer l’enfant, les moines récitaient les mantras, les trompes du monastère souhaitaient la bienvenue à l’enfant.

Et depuis ce jour, chaque villageois a devant sa porte un yéti blanc sculpté par le vieil ébéniste. De façon à se rappeler l’histoire d’Oustang et son petit garçon. Dans toute la chaîne himalayenne, Matsang est devenu le héros de la légende : celle du yéti blanc sans pouce.

Lulu 

Vous connaissez Lulu ? un petit gars perdu,
Qui, tous les dimanches, s’en allait faire la manche
Pour pouvoir se payer une paire de souliers,
Puis un joli manteau, l’hiver, ’ fait pas chaud !
C’était un musicien, déguenillé, sans rien,
Juste son violon, puis son pantalon.

Lulu n’a que huit ans, c’est encore un enfant.

Pendant des heures il joue, pour gagner quelques sous.
Il sourit aux passants, aux bourgeois, aux mendiants,
Espère de temps en temps, une pomme, un présent.
Lulu vit sous les ponts, se réchauffe de cartons,
Il n’a pas de maison, seulement son violon.

Il joue des mélodies qui vous redonnent vie,
Et on n’a qu’une envie : danser avec lui.
Un matin de printemps, le gosse était absent.
Il était où Lulu ? Il avait disparu.
T’aurais pas vu Lulu, le p’tit gars d’la rue ?
Celui qui jouait si bien… c’était un musicien.
Il nous faisait danser, chavirer et tourner.

Mais où est-il passé, le môme des pavés ?
Dix ans se sont écoulés ; moi j’ai pas oublié
Qu’un jour, j’avais connu un petit gars perdu.

Je l’ai revu un matin, au café des copains,
Habillé d’un manteau et d’un joli chapeau
Il avait dans les pieds les plus beaux souliers,
Et tenait dans sa main son rêve de gamin…
Vas-y, joue-nous, Lulu, Le petit bal perdu
Qui nous faisait danser, chavirer et tourner.

J’vous ai pas oublié, malgré toutes ces années.
Mais si vous voulez bien, appelez-moi Lucien.

Par Lydia

 

 

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