« L’Intérêt général et Moi » au Manège le 22/10/26

Les bénévoles du groupe de programmation présentent au Manège vendredi 23 octobre à 20h le documentaire L’Intérêt général et moi qui ouvre une série sur le thème « Courage, luttons » !

• Les réalisateurs

Le documentaire L’Intérêt général et Moi est le fruit d’une collaboration entre une jeune auteure, Sophie Metrich, réalisatrice, scénariste, ingénieure du son, monteuse, directrice de la photographie, formée à Paris VIII (maîtrise de cinéma), qui avait deux courts métrages à son actif avant ce premier long métrage, et Julien Milanesi, économiste, maître de conférences à l’université Paul Sabatier de Toulouse et chercheur. Il a grandi dans les Landes et a assisté à la construction de l’A65, l’autoroute Pau-Langon, aujourd’hui très déficitaire et dispendieuse pour les collectivités locales.

• Un collectif d’artistes

L’austérité possible du sujet a été tempérée par l’intervention d’artistes, souvent du territoire, ponctuant la démonstration. Ont ainsi participé à l’écriture du film Pantxo Desbordes, illustrateur animalier au service des acteurs de la nature et de l’environnement et Mathilde Germi, infographiste des effets spéciaux numériques pour le cinéma et l’audiovisuel. La séquence d’animation vient dynamiser de manière claire les partenariats public-privé et éclairer la complexité des montages financiers. L’accompagnement musical est assuré par le groupe de rock expérimental Artús, originaire de Pau, dont les membres sont issus des villages où passe l’A65. Deux chorégraphes, Sébastien Dumont et Géraldine Borghi traduisent l’implication des corps dans la lutte, traduisant tour à tour la souffrance générée, la violence subie et le sentiment d’impuissance.

• Un financement participatif

Le documentaire existe grâce à un financement participatif (plateforme Ulule en lien avec la coopérative de production DHR).

• Le titre : « L’intérêt général et moi »

Si la notion de « Bien public » renvoie à une conception morale et philosophique, la notion d’« Intérêt général » renvoie au droit public français : l’Etat en est le garant face à la diversité des intérêts de la société civile. La République le définit ainsi en l’opposant aux intérêts particuliers (« et moi »), ceux de la population, souvent accusée du syndrome « nimby » (« not in my backyard » : pas dans mon jardin !). Pourtant, face à cette interprétation « volontariste », existe une autre vision, anglo-saxonne cette fois, dite « utilitariste », pour qui la somme des intérêts particuliers constitue l’Intérêt général.

• Analyse de cas

Il s’agit pour les réalisateurs d’étudier la politique des grands travaux à partir de trois projets d’infrastructure de transport :

– Une autoroute construite mais vide (l’A65 Langon-Pau), ouverte en 2010, l’une des plus chères de France (30€ environ pour 150km), intégralement financée par le concessionnaire.
– Un projet ferroviaire pharaonique (la Ligne à Grande Vitesse du sud-ouest), Bordeaux-Toulouse-Espagne. Malgré l’avis défavorable de l’enquête publique en 2014, le projet est en cours et S. Lecornu en mai dernier a annoncé qu’il était maintenant irréversible.
– Un projet d’aéroport vieux de plus de 40 ans, Notre-Dame des Landes, opération lancée en 1963 et abandonnée en 2018.

Sous ces infrastructures, des vies, des territoires, des espaces naturels sacrifiés ou devant l’être, au nom de l’intérêt général. Le film analyse la légitimité des décisions politiques.

• L’enquête

Ce documentaire a nécessité six ans d’enquête de terrain. Les réalisateurs ont donné la parole aux opposants qu’ils ont interrogés chez eux pour obtenir une réponse posée et argumentée, aux élus, à la recherche de toujours plus de développement économique, y compris lorsque le territoire est déjà équipé à satiété, aux hauts fonctionnaires (La décision finale de construction appartient au ministre) et aux journalistes, dont le relais est essentiel pour faire exister le débat.

Le film montre un fossé grandissant entre les habitants et les dirigeants qui imposent des choix d’envergure. Des représentations du monde s’opposent : d’un côté la foi en la technologie, le culte absolu de la croissance perpétuelle, le souci de la compétitivité face à d’autres métropoles, de l’autre le respect des engagements climatiques, l’objection de croissance, le souci de développer l’offre de transports en commun au niveau local.

Après la projection, la parole sera donnée au Collectif « Stop Thalasso », Collectif de lutte contre le projet de Thalasso Thérapie à Larmor-Plage.

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Tout le programme du Manège sur https://jaivuundocumentaire.fr/
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