Et si on cassait les clichés et préjugés sur les jeux vidéos ?

« Les jeux vidéo rendent violents », « Les jeux vidéo sont nocifs pour la santé », « Tu joues à des jeux beaucoup trop violents pour une fille ». Si chaque gamer gagnait un euro à chaque fois qu’on lui sortait l’une de ces phrases, il ou elle serait aujourd’hui riche. Depuis toujours, les jeux vidéo ont mauvaise réputation : futiles, violents, abrutissants, réservés uniquement aux garçons, etc. Pourtant, les jeux vidéo nous apprennent autant qu’ils nous divertissent : ils nous font vivre des histoires, prendre des décisions, ressentir et réfléchir

Réfléchir, ressentir, grandir…

Parfois, certains ont besoin de lire du Kafka ou de terminer une revue philosophique pour se prendre une claque existentielle. Eh bien, certains jeux vidéo ont aussi cette fonction, et parmi eux, deux se distinguent : Detroit: Become Human et Life is Strange. Le premier parle d’androïdes traités comme des esclaves dans une société moderne et qui souhaitent leur indépendance, veulent être égaux aux humains. Dans le second, le joueur incarne une jeune étudiante qui découvre qu’elle peut remonter le temps, et dont le récit dépend entièrement des choix qu’il fera.

Ces jeux, ce ne sont pas juste des pixels : c’est du cinéma interactif où chaque choix t’incite à ressentir de l’empathie ou de la peur. Qui suis-je pour sacrifier un personnage pour en sauver un autre ? Une IA ou un robot peuvent-ils parfois être plus humains que les hommes ? Suis-je prêt à perdre pour rester fidèle à mes valeurs ? Ces jeux te forcent à prendre des décisions qui vont te bouleverser, exactement comme dans la vraie vie. Marcus, Kara et Connor ne sont pas que des androïdes : ce sont des êtres qui veulent être reconnus. Max n’est pas qu’une simple étudiante en photographie : c’est une jeune fille qui veut sauver son amie.

La franchise GTA… l’un des jeux les plus incompris

Ouais, on peut tirer sur des flics dans GTA, mais si on s’arrête là, on passe complètement à côté du jeu : une critique de l’Amérique moderne. Dans GTA V, Rockstar dénonce plusieurs réalités sociales : la corruption, le culte de l’argent, la violence gratuite, les dérives de la télé-réalité. Dans San Andreas, c’est encore plus fort : le jeu traite du ghetto, de la violence raciale, de la brutalité policière.

CJ n’est pas juste un gangster : c’est un homme qui se bat pour son quartier et sa famille, tout en survivant dans un monde qui ne lui laisse aucune chance. Et The Ballad of Gay Tony ? Un chef‑d’œuvre sous‑coté. C’est un jeu qui met en avant un personnage homosexuel, respecté dans un milieu mafieux, et qui questionne le rêve américain version boîte de nuit, entre faux luxe, dettes et relations toxiques. C’est l’une des rares fois où un personnage gay est mis en avant dans un jeu mainstream sans être stéréotypé.

Les jeux de gangster ne glorifient pas la violence : ils dénoncent le système

Mafia, ce n’est pas juste rouler en voiture vintage en Italie du Nord. C’est une histoire d’ambition, de loyauté et de chute. Dans Mafia I, on suit Tommy Angelo, un chauffeur de taxi qui entre dans la mafia pour nourrir sa famille et qui finit par tout perdre. Le jeu ne dit jamais « la violence, c’est cool » : il montre comment une décision peut te détruire la vie. Mafia II ? Même chose avec Vito Scaletta, un fils d’immigrés italiens qui veut s’élever socialement via la mafia et découvre que les pauvres restent pauvres, même avec du sang sur les mains. Le chef‑d’œuvre social reste Mafia III, qui raconte l’histoire d’un vétéran noir de la guerre du Vietnam revenant à la Nouvelle‑Orléans dans les années 60.

Et là, le jeu prend une autre dimension : racisme systémique, ségrégation, trahison, guerre entre communautés. C’est le premier grand jeu à dénoncer le racisme des institutions criminelles et politiques, tout en mettant un personnage noir au centre.

Alors non, les jeux vidéo ne rendent pas débiles. Ils nous font rire, pleurer, perdre et recommencer. Ils nous racontent la vie. On peut apprendre l’empathie avec Life is Strange, la loyauté avec Red Dead Redemption II, le deuil avec God of War, la prise de conscience devant l’injustice avec Detroit: Become Human, la justice avec The Last of Us, et même l’absurde beauté du chaos avec GTA. Et souvent, certains ont même pleuré devant leur manette à la fin.

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