Lumières de Gâvres sous une nuit chaude

La chaleur écrasait Lorient, alors j’ai fui pour rejoindre la presqu’île de Gâvres en bateau-bus afin d’y passer une nuit à la belle étoile.

L’aventure commence à 19 h en quittant le petit port de Locmalo, à Port-Louis. Au ras de l’eau dans le bateau, je sens un léger rafraîchissement qui me donne envie de plonger. Chose faite sur cette petite plage toute proche du port. Je suis maintenant frais et prêt à me diriger plus à l’est afin de commencer mes sessions photos.

L’épave du Nominoë pour commencer, puis direction le sud, sur la Grande Plage, afin de voir les nouveaux aménagements de la dune. Derrière les parasols, la brume de chaleur laisse entrevoir les plages de Plouharnel et d’Erdeven.

En haut de la dune récemment reconstituée, une hirondelle de rivage sort de son nid. Elle m’offre le spectacle de son ballet. Elle n’était pas seule, mais ça, je vous laisse la surprise et le plaisir d’aller les admirer.

Personne sur la plage. J’y marche un peu avant de retourner vers le nord me trouver un spot d’où capturer le coucher de soleil. Ce sera au bout de la cale de la Balistique. Je traverse les anciens terrains militaires et leurs bâtiments abandonnés. L’odeur enivrante des nombreux ajoncs me fait faire une pause, et j’en profite pour capturer l’église Sainte-Radegonde de Riantec, posée au fond d’un recoin de la Petite Mer, alors à son plus bas niveau de marée.

Encore une heure avant le coucher du soleil, je rejoins le bout de la cale où je pose mes trépieds et les appareils : un pour faire des timelapses vidéo du coucher, l’autre pour les photos. J’ai le temps de faire griller et de manger mes sardines en boîte, de quoi prendre des forces avant d’entamer la nuit.

Le coucher du soleil au-dessus de Port-Louis mis en boîte, je continue un peu avec le crépuscule puis repars vers l’ouest. Ce sera sur la plage du Goërem, où je me pose en attendant le moment idéal pour capturer la Voie lactée. Ce sera à 1 h, quand son arc est encore bas sur l’horizon et que la nuit noire est déjà bien installée.

La chaleur est toujours pesante et il n’y a pas de vent de ce côté de la presqu’île. Je décide donc d’aller le chercher de l’autre côté, en haut de la Grande Plage, au bout du boulevard de l’Océan. Il est 2 h, je sens un coup de fatigue, alors re-sardines, pain, et c’est reparti pour des photos de la Voie lactée. Elle a bien grimpé dans le ciel. Je l’immortalise malgré la pollution lumineuse de la presqu’île de Quiberon au fond.

Je remarque une chose étrange sur les photos : au bord de l’eau, des vagues bleutées. Ce sont des vagues bioluminescentes dues au phytoplancton, et elles apparaissent souvent lorsque la journée a été chaude.

Je m’amuse à en photographier plusieurs jusqu’à 3 h, avant de m’allonger une heure sur le sable encore chaud, la tête dans les étoiles. Ces dernières commencent à disparaître vers 4 h, laissant bientôt place à l’heure bleue.

Je décolle alors vers le port de Ban Gâvres et vais me poser au bout d’une de ses jetées. J’y capture, au-dessus du Lohic à Port-Louis, les lumières orangées du ciel lorientais, puis me retourne pour avoir le bleu indigo au-dessus des habitations du port.

Des nuages arrivent. Le suspense est là : le soleil apparaîtra-t-il à travers eux ? Je décide d’aller tenter ma chance devant l’épave du Nominoë, là où ma soirée a commencé.

Je m’arrête au milieu du trajet, à hauteur de la capitainerie, pour capturer les reflets des nuages de l’aube sur la Petite Mer. Un trou orangé parmi les nuages augmente mon espoir de voir le lever du soleil.

Je vais me poser devant l’épave en l’attendant. Il y a un banc, c’est parfait, car la fatigue se fait sentir. Une heure de repos avant de voir le nez du soleil apparaître à 6 h 20. C’est de plus en plus magnifique.MARTY_

La chaleur commence déjà à remonter. Je termine avec quelques rayons avant de reprendre le bateau-bus de 7 h. À 8 h 30, je suis de retour à Lorient, avec des lumières plein la tête et les boîtiers.

À travers cette série, j’ai voulu capturer non seulement la beauté des paysages, mais surtout cette alchimie unique entre la chaleur terrestre et la magie céleste et marine. Un voyage sensoriel de 19 h à 7 h, où chaque photo raconte un fragment de cette nuit inoubliable à Gâvres.

Bienvenue dans cette parenthèse lumineuse entre terre, mer, étoiles et la surprise des vagues bioluminescentes.

 

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