Il y a 280 ans, les anglais débarquaient aux portes de lorient…

1er octobre 1746 – 1er octobre 2026

280 ans aujourd’hui.

Il y a exactement 280 ans, plusieurs milliers de soldats britanniques débarquaient sur la côte du Pouldu. Leur objectif : Lorient, son port et surtout les établissements de la Compagnie des Indes. Aujourd’hui, cet épisode est largement oublié. Et plus encore la raison pour laquelle, pendant des générations, les Lorientais célébrèrent chaque année ce qu’ils appelaient tout simplement « la Victoire ». Pourtant, pendant quelques jours d’octobre 1746, le sort de Lorient fut extraordinairement incertain.

L’expédition britannique n’avait d’ailleurs pas été préparée pour la Bretagne. Elle devait initialement partir pour le Canada. La saison étant devenue trop avancée, la flotte commandée par l’amiral Richard Lestock et les quelque 4 500 soldats du général James St Clair furent finalement dirigés vers les côtes françaises.

Le 30 septembre, la flotte apparaît devant le Pouldu. Le 1er octobre, les Britanniques débarquent. Puis viennent Guidel, Plœmeur et la marche vers Lorient. Mais très vite, l’opération se dérègle.
Les Anglais connaissent mal le pays. Les paysans ont caché chevaux et charrettes. Les chemins sont mauvais, puis détrempés par la pluie. L’artillerie doit être tirée à bras d’hommes. À Plœmeur, l’artillerie anglaise fait étape dans l’église Saint-Pierre. Puis elle arrive devant Lorient. Les Britanniques installent une batterie et commencent, les 6 et 7 octobre, à bombarder la ville.

Nous pouvons aujourd’hui vivre presque heure par heure cette scène grâce au journal d’un jeune artilleur anglais qui raconte la mise en batterie du mortier de dix pouces et des canons de 12 livres. Il voit partir la première carcasse incendiaire vers Lorient et la regarde tomber près d’une « grande église située au centre de la ville ». Les Anglais veulent incendier Lorient. Mais les maisons brûlent beaucoup moins facilement que prévu. Les munitions arrivent difficilement.

Le 7 octobre, le commandement britannique se pose deux questions : peut-on ouvrir une brèche dans Lorient ? Non. Peut-on incendier la ville ? Non.
La décision est prise : les Anglais vont se retirer.
Mais voici l’extraordinaire paradoxe de cette histoire.
Au même moment, les responsables français pensent eux aussi ne plus pouvoir tenir. Une délégation sort de Lorient avec les clefs de la ville pour négocier sa capitulation… Et découvre que les Britanniques sont déjà partis. Dans leur batterie abandonnée restent quatre canons et le gros mortier.

Ainsi, dans la même soirée :
Les Français venaient se rendre ; les Anglais battaient en retraite.
Chacun ignorait la faiblesse de l’autre. Pour nous, 280 ans plus tard, le retrait britannique peut s’expliquer : mauvaises routes, absence de chevaux, ravitaillement difficile, artillerie insuffisante, résistance française, mauvais temps, erreur sur l’efficacité des projectiles incendiaires… Mais les Lorientais de 1746 ne savaient rien de tout cela. Ils savaient seulement que leur ville semblait perdue… et que soudain l’ennemi était parti. Ils y virent une intervention providentielle.

Le 15 novembre 1746, la ville décida qu’une messe solennelle et une procession seraient célébrées chaque année en l’honneur de Notre-Dame de Victoire. Ainsi naquit la fameuse « Fête de la Victoire » de Lorient. 280 ans plus tard, il ne s’agit peut-être pas de choisir entre histoire et légende. Il s’agit de retrouver les faits, les hommes et leurs voix et de comprendre comment quelques journées d’octobre 1746 devinrent, pendant près de trois siècles, une partie de la mémoire et de l’identité lorientaises.
1er octobre 1746 – 1er octobre 2026 : 280 ans aujourd’hui.

Une histoire que Lorient mérite de ne pas oublier

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