La mémoire coloniale de Lorient

À l’occasion des 360 ans de Lorient, l’Embarcadère ouvre un cycle consacré à la mémoire coloniale de la ville.

Deux rendez‑vous marqueront cette démarche : une journée de lancement le 13 juin 2026, avec un appel à créations artistiques, puis un temps de restitution en octobre. Pensé dans l’esprit des droits culturels, ce programme invite habitantes et habitants à participer activement, convaincu que la démocratie se nourrit de toutes les voix. L’objectif est de mieux connaître l’histoire coloniale lorientaise, d’écouter les expériences contemporaines et de réinventer ce passé par la création. Le cycle s’ouvre autour d’Élisabeth, née à Lorient en 1733, figure qui rappelle que cette histoire s’est aussi écrite ici, dans les rues et les foyers de la ville.

Habitant.es, artistes et historien.nes seront invité.es à explorer ce que cette mémoire oubliée dit de notre manière de vivre ensemble aujourd’hui.

Inscriptions : 07 67 50 52 53

Programme du 13 juin :

• 11h [Atelier d’écriture]
Atelier d’initiation à la poésie concrète autour de la figure d’Elisabeth avec Sophonie Maignan
• 14h [Table ronde]
Mémoire coloniale et société: à quoi sert le travail mémoriel ?
• 15h [Appel à créations]
Elisabeth, enfant noire au XVIIIè siècle à Lorient
• 15h30 [Conférence]
Temps forts sur l’histoire de captifs déportés à Lorient par Jacques Chérel
• 19h [Vernissage]
Exposition collective de Jade Javourez, Ampabi Ampeme, Jiaqi Chen, Jeanne Cissé, Ali Arquetoux

Une balade décoloniale pour ne pas oublier

Le 9 mai, des habitant.es et militant·es se sont retrouvés dans le quartier de Frébault à Lorient pour une balade décoloniale, organisée en mémoire de la traite, de l’esclavage et du massacre de Sétif du 8 mai 1945. À l’initiative du Cercle marxiste de Lorient, de Solidarités et Racines, de Dispac’h et de Survie, cette marche a invité chacun.e à regarder autrement les rues du quotidien. Car derrière un simple nom de rue se cache souvent une histoire de colonisation, de guerre et de violence.

À Lorient, cette histoire est profonde : au XVIIIe siècle, la Compagnie des Indes en fit pendant trois ans le premier port français de déportations. La balade a aussi permis de mettre en lumière des résistant.es oublié.es, comme Faulba, jeune homme de 18 ans déporté du Sénégal en 1723. L’objectif n’est pas d’effacer l’histoire, mais de la rendre visible et complète, en donnant une place à ceux et celles qui ont vécu la colonisation et ses conséquences, encore présentes aujourd’hui. Préparée par des passionné.es d’histoire et de luttes, cette initiative était avant tout un acte de partage, de transmission et de création de lien, porté par un profond devoir de mémoire.

Lorient en fête

Claude Chrestien et Pierre Mayol au Patronage laïque, le 18 avril 2026, ont célébré les 100 ans de l’institution et les 360 ans de la ville de Lorient

Nommé en 1893 au lycée de Lorient, le philosophe Alain écrivait dans Histoire de mes pensées (1936) :
« Je mis le pied dans une ville très gaie et très remuante. […] Et ce fut une espèce de fête nocturne pendant six ans qui me guérit de mes humeurs. Alors je connus un peu le monde des coloniaux et des navigateurs. »
Pierre Mayol et Claude Chrestien, passionnés d’histoire locale et complices de longue date, croient également que le goût profond des Lorientais pour les festivités est intimement lié à la présence de la Marine nationale et de l’Armée de terre, répartie entre les casernes Frébault et Bisson, à l’existence de l’Arsenal, à la présence des pêcheurs de chalutiers et des marchandes de sardines, « À la belle à la fraîche ! », bref, à la vocation maritime de la ville.

« Dame oui dame ! » La ville cosmopolite, au nom évocateur, vit au rythme des sonneries, des baguettes des élèves‑tambours, des fanfares et des concerts sur les kiosques et en plein air. Elle adore voir défiler en musique matelots au col bleu ou gradés aux galons rouges, blancs ou jaunes. Toute cette jeunesse anime rues, places, cafés, monte et descend le cours de la Bôve et la rue des Fontaines, aime à rire, chanter et danser dans les grands bals de sociétés ou les bals populaires, dans les salons Nédélec, Le Mic, Le Bair et à l’hôtel Terminus. Une ville « méridionale sans le soleil », dit Le Nouvelliste du Morbihan de 1933.

Ohioou ! Une vie culturelle dense : un théâtre à l’italienne (1778) appelé « la comédie », accueille depuis 1898 les Tournées Baret, annonce la venue de Sarah Bernhardt dans La Dame aux camélias et les chansonniers de la troupe du Chat noir ; le casino‑music‑hall chez Gauthier et le Family‑Cinéma de Keryado programment pièces de théâtre et revues. De nombreux cinémas divertissent la population : le Select Palace place Bisson, le Royal‑cinéma rue de Saint‑Pierre, l’Omnia‑Pathé cours de Chazelles, l’Armor‑Palace rue de Larmor, le Family rue Plonquet, le Rex (1937) rue de la comédie…

« Pour sûr ! » On entend en tout lieu des chansons à foison : La chanson des gars de l’Arsenal d’Eugène Polert, Ma Lorientaise, la chanson humoristique du Siège de Lorient pour la fête religieuse de Notre‑Dame de la Victoire, les chansons à la mode lancées place des bonimenteurs. Et des concerts donnés par douze sociétés musicales en 1936, sans oublier les rassemblements de cercles celtiques.

Envie de « partir en riboul » ? Lorient offre l’embarras du choix : les Foires‑expositions à la salle des fêtes ou place Jules‑Ferry, les fêtes foraines au cours des quais, les cirques, les meetings aériens au Champ de manœuvres du Faouedic ou de la Marine, les noces et les banquets où l’on s’invite volontiers, les rassemblements sportifs pour les amateurs de gymnastique, de boxe, de courses cyclistes, de trottinettes ou de karting au milieu des lâchers de pigeons, les courses de garçons de café, les cavalcades et le cortège du Carnaval à travers les rues pavoisées, le défilé du char de la reine et des demoiselles d’honneur, avec feu d’artifice et retraite aux flambeaux, le monôme des lycéens à la mi‑Carême, le concours de bateaux fleuris sur le bassin à flots, les fêtes de quartiers, les foires et marchés de Noël, les biennales internationales des pêches et salons spécialisés comme les Floralies de Bretagne au Palladium…

La promenade s’achève sur un hommage à deux autres conteurs disparus, Lucien Le Pallec et Georges Le Moil, « autres semeurs de bonne humeur »…

« C’est la chanson des gars d’Lorient sur l’quai d’Rohan
Celle qui nous fait chanter danser rue d’l’Assemblée
Viens faire un tour sur mon canot d’la rue Carnot
Je t’emmène faire une bonne balade le long d’la Rade » (bis)

La boutique des 100 ans du PLL

La boutique des 100 ans du PLL 1926-2026, un siècle d’engagement pour tous, est ouverte…

L’occasion d’un souvenir collector ! Le lien vers le site de Hello Asso

Balade dans un Lorient en fête, de 1790 à 1960

À Lorient, la fête a toujours été une seconde nature, et Pierre Mayol comme Claude Chrestien en sont les conteurs passionnés.

Ces deux amoureux de la ville entraînent le public dans une promenade joyeuse à travers rues, places et souvenirs, où chaque lieu révèle une anecdote savoureuse. Du cours de la Bôve aux bains de Keroman, ils ressuscitent les bals, les kiosques à musique, les meetings aériens ou encore les cirques de la place Jules-Ferry. Leur récit évoque aussi les grandes célébrations : la fête de la Victoire, l’inauguration de la gare en 1862, ou l’immense liesse de l’Armistice en 1919. Sans oublier la Semaine commerciale des années 1950-1960, où l’on pouvait gagner… une maison toute équipée.

Avec humour et tendresse, les deux compères redonnent vie à un Lorient festif, populaire et profondément attachant.

Rendez-vous le vendredi 24 avril à 15h au 1er étage du centre social Polygone PLL pour vous laisser conter Lorient  !

Les grandes compagnies des Indes orientales

Du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle, les puissances européennes se lancent dans une aventure maritime sans précédent, bouleversant les équilibres économiques et politiques mondiaux. Pour accéder aux richesses asiatiques – épices, soieries, thé, porcelaines –, elles fondent de grandes compagnies commerciales, dotées de monopoles et de privilèges royaux. Ces organisations, parfois plus puissantes que les États eux-mêmes, deviennent des acteurs clés de la mondialisation naissante, se livrant une concurrence féroce pour le contrôle des routes maritimes et des marchés.

L’Angleterre : l’ascension et le déclin de la East India Company

Fondée en 1600, la Compagnie britannique des Indes orientales domine rapidement le commerce entre l’Europe et l’Asie. Elle importe thé, textiles et porcelaines, tout en étendant son emprise politique sur l’Inde. Au XVIIIᵉ siècle, son monopole sur le thé en Amérique, imposé par le Tea Act (1773), provoque le Boston Tea Party et contribue à la guerre d’Indépendance américaine. Malgré son influence colossale, la compagnie, minée par des crises financières et des scandales, est dissoute en 1874.

Les Provinces-Unies : la VOC, géante des épices et de la violence commerciale

Créée en 1602, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) s’impose comme la plus puissante entreprise commerciale de son temps. Grâce à un réseau de comptoirs (Java, Ceylan, Japon, Chine) et à une flotte redoutable, elle contrôle le commerce des épices (cannelle, muscade, clou de girofle) et n’hésite pas à recourir à la force pour écarter ses rivaux. Son déclin s’amorce au XVIIIᵉ siècle, et elle disparaît en 1799, victime de sa propre corruption et de la concurrence britannique.

La France : une ambition tardive et contrariée

La France fonde sa Compagnie des Indes orientales en 1664, sous Colbert et Louis XIV. Elle établit des comptoirs (Pondichéry, Chandernagor) et connaît un âge d’or au XVIIIᵉ siècle avec le commerce des cotonnades et des porcelaines. Mais les guerres, la corruption et la rivalité avec l’Angleterre affaiblissent son influence. Elle est finalement dissoute en 1793, pendant la Révolution.

Portugal et Espagne : les pionniers éclipsés

Dès le XVIᵉ siècle, les Portugais dominent l’océan Indien (Goa, Malacca, Macao) et contrôlent le commerce des épices. L’Espagne, unie au Portugal en 1580, tente de relancer leur influence avec une compagnie commune en 1628, mais échoue face à la concurrence anglo-néerlandaise. Leur déclin est rapide : la compagnie hispano-portugaise disparaît dès 1633.

La Suède : une compagnie discrète mais innovante

La Suède entre tardivement dans la course en 1731, avec sa Compagnie des Indes orientales. Basée à Göteborg, elle commerce surtout avec Canton, important thé, soie et porcelaine. Elle joue aussi un rôle scientifique en embarquant des naturalistes. Malgré son dynamisme, elle fait faillite en 1813, victime des guerres napoléoniennes.

Un héritage contrasté

Ces compagnies ont transformé les échanges mondiaux, introduisant de nouveaux produits et cultures en Europe. Leur héritage est cependant ambigu : elles ont aussi alimenté la colonisation, les conflits et le commerce triangulaire, renforçant indirectement l’esclavage. Leur histoire illustre l’émergence d’un monde interconnecté, où les océans deviennent les artères d’un capitalisme naissant.

360ème anniversaire de Lorient

Lorient s’apprête à célébrer en 2026 les 360 ans de sa fondation.

Dix ans après le succès du 350ᵉ anniversaire, une nouvelle programmation culturelle sur le thème « Lorient, porte du monde » mettra en lumière l’histoire maritime et l’ouverture internationale de la ville. Des événements valoriseront son dynamisme culturel, économique et son lien avec l’océan. La Ville, ses équipements et ses partenaires culturels, sportifs et éducatifs porteront ces festivités tout au long de l’année

Quelques ressources sur le web :

La chronologie de l’histoire de Lorient

Les Compagnies des Indes

Les premières photographies de Lorient

Archives remarquables de Lorient

Tout le programme sur https://www.lorient.bzh/360ans

Les animations du service Patrimoine et Archives :

Une ville née de la mer (visite interprétée en Langue des Signes Française)

Partez sur les traces de Madame de Sévigné, de Duguay-Trouin ou encore du navire qui transporta la statue de la Liberté à New York… leurs points communs : Lorient, ses ports, ses quais et la rade. Embarquez pour une croisière au fil de l’eau et de l’histoire de Lorient, une ville née de la mer.

Informations pratiques

  • Le dimanche 22 février de 14h30 à 16h30
  • Rendez-vous quai des Indes, embarcadère du bateau-bus à 14h15
  • Vérification des billets par le guide avant la montée dans le bateau-bus (départ de la visite à 14h30)
  • Toute personne bénéficiant de la gratuité doit se munir d’un billet
  • Les mineurs doivent être accompagnés d’un adulte pendant toute la durée de la visite
  • Les chiens ne sont pas admis.

Réservation sur : https://billetterie-patrimoine.lorient.bzh/cycle-lorient-360-ans-au-fil-de-leau/une-ville-nee-de-la-mer

Romanciers lorientais en herbe, de 3 à 6 ans

Poètes et écrivains en culottes courtes : des fables maritimes à construire, et à faire voguer sur les flots. Choisis ton héros et les autres personnages de ton histoire. Puis, pas à pas, réalise ton livre comme un-e véritable écrivain-e. Récit, illustrations et même reliure…tu seras fier-e de repartir avec ton premier ouvrage sous le bras.

Informations pratiques

  • Le 18 février de 10h à 11h15, le 25 février de 10h à 11h15, le 4 mars de 10h à 11h15
  • Atelier en salle à l’Hôtel Gabriel- Enclos du port- Pavillon est
  • Toute personne bénéficiant de la gratuité doit se munir d’un billet

Réservation :  https://billetterie-patrimoine.lorient.bzh/ateliers-jeune-public/romanciers-lorientais-en-herbe

Lorient, centre du monde ! Atelier de cartographies imaginées et enchantée, de 7 à 12 ans

À la façon des navigateurs et navigatrices qui quittent le continent en quête d’aventure, cet atelier créatif propose aux enfants d’imaginer ce qui se cache au large de la rade de Lorient, derrière l’île de Groix. Monstres marins, îles aux trésors, océans gigantesques, cités englouties, l’imagination est sans limite pour les cartographes

Informations pratiques

  • le 18 février de 14h30 à 15h45, le 25 février de 14h30 à 15h45 et le 4 mars de 14h30 à 15h45
  • Atelier en salle à l’Hôtel Gabriel- Enclos du port- Pavillon est
  • Toute personne bénéficiant de la gratuité doit se munir d’un billet

Réservation : https://billetterie-patrimoine.lorient.bzh/ateliers-jeune-public/lorient-centre-du-monde

Le quartier Frébault rêvé par toutes les générations

À l’occasion de la fête de quartier du samedi 27 septembre, les habitant·es ont eu l’occasion de partager leurs envies, leurs idées et imaginer l’avenir de leur quartier. Ce moment convivial s’inscrit dans la dynamique de rénovation engagée suite aux récentes démolitions. De nombreuses propositions inspirantes ont émergé, une belle énergie citoyenne, qui résonne particulièrement en cette période de lancement de la campagne municipale.

 

 

L’horizon commence ici

Tout l’été 2025, Lorient Agglomération invite C.A.M.P sur la Pointe du Bernoulli à Lorient pour déployer une présence artistique témoin de la métamorphose de cet espace, qui fait l’objet d’un ambitieux projet de réaménagement porté par Lorient Agglomération.

La pointe du Bernoulli est un point de vue unique sur la rade de Lorient. Située à la frontière entre la ville et la mer, entre la métropole et ses marges, la pointe est une frange, un interstice, un seuil, un sas tourné vers la mer et les communes de la rive opposée.

Ce promontoire fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux projet de réaménagement, porté par Lorient Agglomération et confié au groupement Anyoji Beltrando (architectes-urbanistes mandataire), LALU (paysagistes) Artelia (BE TCE), I.C.O.N. (concepteur lumière), Lieux (architectes), dans une dynamique de transformation à la fois sensible, expérimentale et collaborative.

Où se situe la Pointe du Bernouilli : À Lorient La Base, derrière le blockhaus K3.
Comment venir : Bus T5, jusqu’à l’arrêt “La Base – K3”

Plus d’infos sur https://camp.bzh/L-horizon-commence-ici-2025

 

L’éducation populaire en mouvement

Depuis plus de 30 ans, ce sont les histoires, les visages et les gestes du quotidien qui font vivre le réseau des centres sociaux.

Cet ouvrage, dessiné par le Collectif de la Vilaine et la Fédération des centres sociaux de Bretagne, rassemble 8 récits inspirés de parcours réels. Elle raconte l’engagement des habitant·es, bénévoles et professionnel·les, et met en lumière les valeurs qui nous animent : démocratie, dignité, accueil et pouvoir d’agir.

Cliquez ici pour télécharger La BD des centres sociaux et socioculturels de Bretagne