Exposition « Tara, naviguer pour créer »
Direction la Galerie du Faouëdic le mercredi 6 mai pour une visite commentée de l’exposition Tara, naviguer pour créer par Cassandre avec des adhérent.es de l’espace multimédia du Polygone PLL.
Quelques repères historiques :
– 1989-1996, Jean-Louis Étienne, concepteur de la goélette, médecin-explorateur, mène avec l’Antarctica des expéditions en Antarctique.
– 1999 : le navigateur néo-zélandais Sir Peter Blake l’achète pour un programme de défense de l’environnement. La goélette est rebaptisée Seamaster-Omega. L’aventure s’arrêta tragiquement en 2001 sur le fleuve Amazone au Brésil, à la suite du meurtre de Peter Blake par des pirates.
– 2003, Agnès b., et son fils Étienne Bourgois acquièrent le bateau et le rebaptisent Tara. Marin et biologiste moléculaire, Romain Troublé, le neveu d’Agnès, devient directeur général de la Fondation Tara. Ils lancent le projet Tara Expéditions pour faire prendre conscience de la fragilité de l’environnement et développer une connaissance de haut niveau sur l’océan.
Les différentes expéditions :
2006-2008 : Tara Arctic (la goélette se laisse emprisonner par les glaces et dérive 505 jours), 2009-2013 : Tara Océans (étude du plancton dans plusieurs océans),
2014-2019 : Tara Méditerranée (sur la pollution microplastique en Méditerranée et les fleuves européens).
2016-2018 : Tara Pacific (étude du corail fragilisé par le réchauffement climatique),
2019 : Tara Microplastiques (aux origines de la pollution plastique)
2020-2022 Tara Microbiomes (sur les micro-organismes marins)
2023-2024 : Tara Europa (l’étude des écosystèmes côtiers)
2025 : Mission UNOC (Conférence des Nations Unies pour l’Océan)
2026-2028 : Tara Coral (Comprendre la résistance des coraux du Triangle de Corail au réchauffement climatique.)
2026-2027 : Tara Polaric I (Comprendre l’impact du changement climatique sur la biodiversité et la capacité d’adaptation des espèces locales en Arctique.)
Les artistes à Lorient :
• ENSADERS, La grande expédition, 2024 (Peinture acrylique)
Le collectif d’artistes a figuré sur une cartographie représentant les océans au centre du monde les trajets parcourus par Tara, soit 590 000 kms. De la ville de Lorient, port d’attache de la goélette, partent des trajets rouges et jaunes. Tara (2003) et la Tara Polar station (2025), station dérivante en arctique, sont représentées. Cette dernière, encore en phase de test devrait rentrer à la mi-mai et lancer sa première mission en juillet, pour 14 mois. Grâce à cette carte inspirée de la projection Spilhaus, l’Océan apparaît comme une entité unique et interconnectée. A la façon des anciennes cartes d’exploration, cette fresque rassemble des références scientifiques, historiques, zoologiques et imaginaires de la culture océanique.

VOIR L’INFINIMENT PETIT
• Yann Bagot, Flots, mer Baltique #15, #16, #18 et Horizons, mer Baltique #30, 2023 (dessins)
Le long des côtes suédoises. Les dessins ont été réalisés en cours d’expédition sur le pont du bateau. Un prélèvement d’eau salée mêlé à l’encre de Chine relie chaque dessin d’observation à son lieu de création. Le sel amplifie le miroitement de l’eau. Au contact de l’eau de mer, l’encre de Chine réagit, révélant une vie microscopique faisant écho aux analyses scientifiques de l’eau de mer.
• Cécile Fouillade-Siquou, Un monde sculptural et translucide, 2024 (Sculptures en porcelaine)
Le long des côtes européennes. S’inspirant de la forme des mobiles, sur un fond bleu, se détachent des micros animaux et végétaux aquatiques réalisés en volume. Des sculptures aériennes en apesanteur.
• Giulia Grossmann, Mission Microbiome, 2022-2023 (Photographie et vidéos)
Entre Banjul (Gambie) et Dakar (Sénégal). Grâce à l’utilisation de colorants chimiques, l’artiste fait émerger les strates qui composent les grains de sable, après prélèvement. L’observation au microscope bouleverse notre relation à l’invisible. Deux vidéos donnent à voir l’amibe, forme de vie primitive, ainsi que les cristaux de la roche volcanique qui forme le fond de océans.
• Aurore de la Morinerie, Méduse ; Salpe ; Cellules ; Plancton, 2023 (Héliogravure)
Entre les Galápagos et l’Equateur. À bord de Tara au mois de mai 2011, grâce aux scientifiques et à l’équipage, l’artiste découvre ce que nos yeux ne peuvent voir et jouant avec les échelles nous le révèle : le monde sous-marin méconnu et invisible, d’une incroyable richesse vivante, le plancton.
LE POINT DE VUE DE L’ANIMAL
• Antoine Bertin, Conversation Métabolite, 2021 (Installation)
Atlantique Sud, le long des côtes sud-américaines et africaines, jusqu’en Antarctique. L’artiste propose une méditation sonore sur les micro-organismes marins. Le regardeur est invité à prendre la place des organismes aquatiques et à contempler ainsi le reflet du soleil à la surface de l’eau. L’installation lui permet d’entendre le langage des microalgues.
• Elsa Guillaume, Triplekit, 2022 ; Monticule, 2014 ; Carnets de voyage, 2016 (sculpture en céramique)
De l’île de Pâques à Tahiti. Une raie amputée de ses ailerons, prisés par certains consommateurs, est affublée de prothèses de mains et de jambes. La tête du poisson interroge, tant ses traits sont humains et expriment toute la souffrance animale. Le spectateur est invité également à se projeter sur l’utilisation de palmes-nageoires, de sacs à dos-branchies ou lunettes-yeux de poisson pour accéder à l’espace marin au terme d’une métamorphose.
• Ariane Michel, Sur la Terre, 2005 (Vidéo)
Groënland. Un court métrage, tourné sur le mode documentaire, adopte le point de vue de morses regardant, impassibles, entre deux siestes, le passage de la goélette Tara. Pas de voix off, des bruits de ronflement et des cris d’oiseaux propices à la méditation. L’éphémère aux prises avec l’éternité.
SENSIBILISER A LA POLLUTION MARINE
• Samuel Bollendorff, Les Larmes de Sirènes, 2024 (Installation photographique)
Océan Pacifique Nord entre Hawaï et l’Oregon. La série photographique fait dialoguer la beauté des paysages maritimes et la pollution microplastique révélée par des prélèvements. L’expédition avait pour projet de travailler sur le « 7ème continent ».
• Manon Lanjouère, Les particules, le conte humain d’une eau qui meurt, 2022-2023 (Installation immersive, photos et sculptures)
Atlantique Sud, le long des côtes sud-américaines et africaines, jusqu’en Antarctique. La forme fragmentaire de certains éléments de déchets plastiques mime les formes du plancton. Catte pollution repoussante se transforme par magie en créatures bioluminescentes. Les photos et sculptures alertent sur la menace écologique.
• Nicolas Floc’h, Structures productives, récifs artificiels, 2017 (Tirage sur papier)
Entre Tokyo (Japon) et Keelung (Taïwan). Lui-même plongeur, il accompagne les scientifiques pour photographier les récifs artificiels en béton, semblables à de grandes sculptures, qui permettent aux algues de se fixer, les récifs coraliens blanchissant sous l’effet de l’acidification de l’eau liée au réchauffement climatique.

Ces résidences d’artistes à bord de la Fondation Tara permettent de sensibiliser le grand public et les décideurs aux enjeux de l’Océan. La Fondation donne un nom à son programme culturel : Art for the Ocean. Plus d’infos : https://fondationtaraocean.org/partager/art-science/
A découvrir jusqu’au dimanche 17 mai !





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