Janvier à l’Embarcadère

L’Embarcadère n’est pas un café comme les autres. Ce lieu chaleureux, géré par l’association  Optim’ism, mêle restauration responsable, insertion professionnelle et vie de quartier. On y vient pour déguster une cuisine locale, bio et inventive, mais aussi pour rencontrer, échanger, et parfois… se reconstruire.

Mais L’Embarcadère, c’est aussi un lieu ressource de plus de 100 m², dédié aux droits culturels et à l’inclusion par le travail. On y organise des ateliers, des rencontres, des événements culturels et citoyens, dans une ambiance conviviale et inclusive.

Et ce n’est pas tout : le marché de légumes locaux, bio et solidaires vous attend aux mêmes horaires que le bar. Issus des fermes d’insertion du réseau Optim’ism, ces produits de saison sont cultivés avec soin et vendus à prix juste, favorisant une alimentation saine et accessible à tous.

En semaine, on y croise des habitués, des étudiants, des familles, des travailleurs en pause déjeuner, tous attirés par l’ambiance bienveillante et les valeurs du lieu. En somme, L’Embarcadère est bien plus qu’un café : c’est un point d’ancrage pour celles et ceux qui veulent consommer autrement, s’impliquer localement, ou simplement savourer un bon plat dans un cadre humain et inspirant.

Epi56, Arti-Zanat, Défis, la Mission locale, l’Afpa, Ti Mouv et C2Sol comptent parmi les partenaires de cette démarche.

Tout le programme du mois de janvier en cliquant ici

Plus d’infos sur leur site web ou leur page facebook

Le bar est ouvert du lundi au samedi 10:15 à 24:00 (1:00 le WE)

Le restaurant est ouvert les midis et soirs du lundi au samedi

Un projet de restaurant solidaire itinérant

En 2018 et 2019, L’Effet Mer avait marqué les esprits à Lorient : un restaurant éphémère où l’on mangeait à prix libre, grâce à des repas préparés à partir d’invendus par des bénévoles. Porté par Olivier Le Guyader, décédé en 2020, ce projet alliait écologie et mixité sociale. Aujourd’hui, Barbara Martin, du collectif Les Claquedents, souhaite lui redonner vie.

Une réunion d’information est organisée jeudi 8 janvier 2026 à 18 h au Cachalot dans la Fontaine (25 rue des Fontaines).

L’idée ?

Relancer l’aventure en version itinérante, pour toucher tous les quartiers de l’agglomération. Les bénévoles, sollicités une fois par mois, pourront aussi s’investir dans la gestion de l’association.Toutes les compétences sont recherchées : cuisine, service, organisation, communication…

L’objectif ?

Créer du lien social et éviter le gaspillage alimentaire. Une première édition pourrait voir le jour dès janvier ou février 2026. À vos agendas !

 

 

 

Quelle activité est faite pour vous ?

Vous souhaitez découvrir une nouvelle activité physique ou vous remettre au sport mais vous ne savez pas lequel choisir ?

Répondez au quizz du site Sport pour tous et découvrez en quelques minutes les activités qui vous ressemblent :

www.sportspourtous.org/pratiquer/sport-loisir/nos-activites/quelle-activite-est-faite-pour-vous/

 

 

Et si on cassait les clichés et préjugés sur les jeux vidéos ?

« Les jeux vidéo rendent violents », « Les jeux vidéo sont nocifs pour la santé », « Tu joues à des jeux beaucoup trop violents pour une fille ». Si chaque gamer gagnait un euro à chaque fois qu’on lui sortait l’une de ces phrases, il ou elle serait aujourd’hui riche. Depuis toujours, les jeux vidéo ont mauvaise réputation : futiles, violents, abrutissants, réservés uniquement aux garçons, etc. Pourtant, les jeux vidéo nous apprennent autant qu’ils nous divertissent : ils nous font vivre des histoires, prendre des décisions, ressentir et réfléchir

Réfléchir, ressentir, grandir…

Parfois, certains ont besoin de lire du Kafka ou de terminer une revue philosophique pour se prendre une claque existentielle. Eh bien, certains jeux vidéo ont aussi cette fonction, et parmi eux, deux se distinguent : Detroit: Become Human et Life is Strange. Le premier parle d’androïdes traités comme des esclaves dans une société moderne et qui souhaitent leur indépendance, veulent être égaux aux humains. Dans le second, le joueur incarne une jeune étudiante qui découvre qu’elle peut remonter le temps, et dont le récit dépend entièrement des choix qu’il fera.

Ces jeux, ce ne sont pas juste des pixels : c’est du cinéma interactif où chaque choix t’incite à ressentir de l’empathie ou de la peur. Qui suis-je pour sacrifier un personnage pour en sauver un autre ? Une IA ou un robot peuvent-ils parfois être plus humains que les hommes ? Suis-je prêt à perdre pour rester fidèle à mes valeurs ? Ces jeux te forcent à prendre des décisions qui vont te bouleverser, exactement comme dans la vraie vie. Marcus, Kara et Connor ne sont pas que des androïdes : ce sont des êtres qui veulent être reconnus. Max n’est pas qu’une simple étudiante en photographie : c’est une jeune fille qui veut sauver son amie.

La franchise GTA… l’un des jeux les plus incompris

Ouais, on peut tirer sur des flics dans GTA, mais si on s’arrête là, on passe complètement à côté du jeu : une critique de l’Amérique moderne. Dans GTA V, Rockstar dénonce plusieurs réalités sociales : la corruption, le culte de l’argent, la violence gratuite, les dérives de la télé-réalité. Dans San Andreas, c’est encore plus fort : le jeu traite du ghetto, de la violence raciale, de la brutalité policière.

CJ n’est pas juste un gangster : c’est un homme qui se bat pour son quartier et sa famille, tout en survivant dans un monde qui ne lui laisse aucune chance. Et The Ballad of Gay Tony ? Un chef‑d’œuvre sous‑coté. C’est un jeu qui met en avant un personnage homosexuel, respecté dans un milieu mafieux, et qui questionne le rêve américain version boîte de nuit, entre faux luxe, dettes et relations toxiques. C’est l’une des rares fois où un personnage gay est mis en avant dans un jeu mainstream sans être stéréotypé.

Les jeux de gangster ne glorifient pas la violence : ils dénoncent le système

Mafia, ce n’est pas juste rouler en voiture vintage en Italie du Nord. C’est une histoire d’ambition, de loyauté et de chute. Dans Mafia I, on suit Tommy Angelo, un chauffeur de taxi qui entre dans la mafia pour nourrir sa famille et qui finit par tout perdre. Le jeu ne dit jamais « la violence, c’est cool » : il montre comment une décision peut te détruire la vie. Mafia II ? Même chose avec Vito Scaletta, un fils d’immigrés italiens qui veut s’élever socialement via la mafia et découvre que les pauvres restent pauvres, même avec du sang sur les mains. Le chef‑d’œuvre social reste Mafia III, qui raconte l’histoire d’un vétéran noir de la guerre du Vietnam revenant à la Nouvelle‑Orléans dans les années 60.

Et là, le jeu prend une autre dimension : racisme systémique, ségrégation, trahison, guerre entre communautés. C’est le premier grand jeu à dénoncer le racisme des institutions criminelles et politiques, tout en mettant un personnage noir au centre.

Alors non, les jeux vidéo ne rendent pas débiles. Ils nous font rire, pleurer, perdre et recommencer. Ils nous racontent la vie. On peut apprendre l’empathie avec Life is Strange, la loyauté avec Red Dead Redemption II, le deuil avec God of War, la prise de conscience devant l’injustice avec Detroit: Become Human, la justice avec The Last of Us, et même l’absurde beauté du chaos avec GTA. Et souvent, certains ont même pleuré devant leur manette à la fin.

Le Patronage Laïque de Lorient célèbre son centenaire

Le Patronage Laïque de Lorient célèbre cette année 2026 son centenaire, marquant un siècle d’engagement au service de la jeunesse lorientaise.

Fondé le 19 février 1926 par Emmanuel Svob, alors maire de Lorient, le PLL portait à l’origine le nom « Les Enfants de Lorient – Patronage laïque des œuvres scolaires et post-scolaires ». Dès mai 1926, l’association organisait ses premières colonies de vacances, permettant aux enfants de la ville de découvrir d’autres horizons.

Tout au long de ces cent années, le Patronage a su évoluer tout en restant fidèle à sa vocation d’éducation populaire. L’association propose aujourd’hui une multitude d’activités sportives et culturelles visant l’épanouissement individuel et collectif. Depuis le 1er janvier 2011, le PLL gère aussi le Centre Social du Polygone, équipement d’animation globale implanté au cœur du quartier Frébault polygone.

Les valeurs de laïcité, de respect et de solidarité portées par Emmanuel Svob continuent d’animer l’association. Ce centenaire est l’occasion de rendre hommage aux bénévoles et aux dirigeants qui ont fait vivre le PLL au fil des décennies. Le Patronage Laïque de Lorient ouvre son second siècle en maintenant son engagement pour une jeunesse épanouie, citoyenne et responsable.

Retrouvez tout le programme des 100 ans du PL bientôt sur www.pllorient.org

Nouvelle exposition aux Grands Larges

Le vernissage de la première exposition de l’année à la résidence Les Grands Larges, intitulée « La Mer en Couleur », réalisée par l’artiste peintre MAZE, se tiendra le jeudi 8 janvier 2026 à 18h00

Magie de lumières au quartier Polygone – Frébault

Merci d’avoir été au rendez-vous  dimanche 21 décembre
Pour avoir permis à tous les lampions réalisés dans les ateliers de Noël de Solen et Margot, de défiler au son de la dynamique fanfare des Red lignes crossers.
Pour avoir savouré soupe et chocolat chaud des ados engagés sur leur projet de séjour.
Pour avoir applaudi au spectacle poétique de la compagnie des Quidams.
Pour faire savoir avec nous qu’il se passe de belle chose à Frebault.
Une très belle soirée portée par la Ville de Lorient et le Patronage Laïque de Lorient 

Photos : Erik

Pourquoi les films de Noël sont aussi populaires ?

Ils sont kitsch, prévisibles, parfois mal joués, et pourtant, chaque année, on les regarde religieusement. Les films de Noël ressemblent un peu à un coffret de chocolats : on sait bien que ce n’est pas toujours excellent, mais ça apporte du réconfort.

De plus en plus tôt désormais, TF1, W9 et M6 dégainent leur artillerie de films de Noël comme si le salut de chacun en dépendait. Et reconnaissons-le : ils ont quand même réussi à fidéliser certains d’entre nous. Mais alors, pourquoi ces films fonctionnent-ils encore en 2025, alors qu’on a vu Maman, j’ai raté l’avion au moins une dizaine de fois, que Last Christmas tourne en boucle et que lancer Le Père Noël est une ordure est devenu une tradition chez certains ? Pourquoi continuent-ils de marcher alors que les téléfilms nous proposent encore et encore le même scénario cliché ? C’est ce que nous allons essayer de comprendre dans cet article.

Il y en a pour tous les goûts et pour tout le monde : pour les grincheux qui détestent cette période mais qui finissent par être émus devant The Holiday, pour ceux qui rêvent d’un coup de foudre sous la neige mais qui se font ghoster sur Instagram, pour ceux qui veulent se taper un fou rire devant des scénarios rocambolesques. Avec le temps gris et la pluie dehors, les films de Noël apportent un peu de douceur et permettent de s’évader le temps d’un visionnage.

Et puis, soyons honnêtes : les téléfilms de Noël, nous les connaissons par cœur. Une citadine stressée retourne dans son village natal, croise le pâtissier du coin — son crush du lycée — avec qui elle va vendre des sapins pour sauver le marché de Noël. Ils vont se disputer, puis finir par se faire un câlin dans des rues si illuminées qu’on se demande QUI paie réellement les factures d’électricité. Chaque année, c’est la même recette, mais bizarrement, on ne s’en lasse pas. Dans un monde qui va de plus en plus vite, ça fait du bien de savoir qu’à la fin, tout finit bien. Même si l’héroïne a eu le temps de changer de vie en quatre jours chrono.

On oublie aussi que les films de Noël peuvent être hilarants : entre les familles qui explosent à table, les lutins en burn-out et les Pères Noël des centres commerciaux, on a de quoi rigoler. Que ce soit volontaire (Maman, j’ai raté l’avion, Le Grinch, Le Père Noël est une ordure) ou involontaire — ces films si mal joués qu’ils en deviennent drôles — ils nous offrent des moments où l’on pleure parfois de rire.

Il n’y a rien de plus thérapeutique qu’un bon fou rire devant un film absurde, en pilou-pilou, avec un chocolat chaud. Les délires de Noël, ce n’est pas que des romances : ce sont aussi des galères qui finissent bien, des quiproquos ridicules et un Père Noël qui tombe du toit.

Quelques films de Noël :

  • Le Grinch : à voir sur Disney+
  • The Holiday : à voir sur Netflix
  • Maman, j’ai raté l’avion : à voir sur Disney+
  • While You Were Sleeping : à voir sur Disney+

stage jeu avec la caméra

Les samedi 3 et 10 janvier 2026 de 10h à 13h et 14h à 17h au City à Keryado, en compagnie de Pascal Guin, de la Cie le Théâtre Bleu

Venez aborder le jeu face à la caméra, particulièrement pour les gros plans ou les plans rapprochés. A partir de choses vues ou de courts monologues écrits par les stagiaires, ou de courtes scènes de cinéma ou de théâtre, nous chercherons à capter ces micro-actions des visages et des corps…

Plus d’infos sur le site du Plateau en Toute Liberté :  https://plateauentouteliberte.weebly.com/

TARIFS : 75€ + 5€ d’adhésion

Exposition Poésimage de Philippe Dagorne

Philippe Dagorne, né en 1954, est un poète, photographe et marcheur infatigable, profondément attaché à l’île de Groix (Morbihan, Bretagne). Il unit ses trois passions pour créer des recueils de poésie illustrés par ses propres photographies, mettant en valeur le paysage, l’ambiance et la vie insulaire.

Il exposait cet été cette série initulée Poésimage au centre social du Polygone pendant le Parcours photographique des centres sociaux lorientais. Pour cette exposition, ses thématiques sont la mer, la lumière, le paysage groisillon : une poésie qui saisit l’âme de l’île à travers ses instants visuels (phare, dunes, villages, atmosphères marines).

Les images fusionnent souvent des paysages marins (houle, brume, horizons) avec des silhouettes humaines ou objets intimes, renforçant l’atmosphère méditative et lyrique des poèmes.

Suivez son blog de poésie sur https://houlesintimes.eklablog.com/

Bibliographie :

  • Quatre saisons en l’île de Groix : son premier ouvrage, alliant textes et photos, publié chez Groix Éditions.
  • Groix, ballades à quatre temps (diptyque)
  • Soleil voyeur, l’indicible…

Cliquer sur les images pour les agrandir

 

Acariâtres amants

Le vent toque à ma porte

Je ne lui ouvre pas

Il frappe à mes volets

Je ne veux pas de lui

Il insiste le bougre

Il n’est pas venu seul

Sa maîtresse la pluie

Gifle aussi mon pignon

Comme ces missionnaires

Invoquant Jéhovah

Ils vont toujours par deux

À travers la campagne

L’on dirait simplement

Que la flore sanglote

Aujourd’hui ils m’agacent

Malgré le manque d’eau

Malgré les éoliennes

Je rêvais de lumière

De l’éclat de mes fleurs

D’une sieste au soleil

En empruntant son ombre

De ces poussières d’or

Serties sur mon visage

De ces filles joyeuses

Insouciantes et jolies

De leurs robes légères

Qui flirtent avec la brise

Je voulais inviter

Mille et un cris d’enfants

Et de sages rivières

Pour porter leurs voiliers

Je voulais écouter

La symphonie unique

Toujours renouvelée

Du doux chant des oiseaux

Je voulais admirer

Les subtiles dentelles

Que portent aux beaux jours

D’infinies vaguelettes

Je voulais tout cela

Mais le vent et la pluie

Vieux amants acariâtres

Arrivés de la mer

M’ont volé ces bonheurs

 

Fantaisie hivernale…

Il a posé son sac,

L’hiver, ce vagabond,

L’hiver, ce vieux maniaque,

Austère et furibond.

Le long de la ruelle,

Les arbres en sont saisis,

Lèvent leurs bras au ciel,

Dévêtus et transis.

Et, même le bitume

S’est habillé de blanc,

Insolite costume,

Incongru et troublant.

Le soleil, rougissant,

Lui dit, mine défaite,

C’est bien trop salissant,

Puis ici, point de fête !

Je veux, que pour demain,

Tu aies mis ton ciré.

Je prierai en chemin

 

Il vient nous avertir…

La crête qui déferle

Et dessous, sombre et vert,

Le ventre de la vague

Qui se tend et qui crève.

Du sable l’escalade

En diffuse poussière

Grains d’étoiles ahuris

D’une autre galaxie.

La rive s’abandonne,

Offre sa dune glabre

Qui peu à peu se couche

Sous l’assaut de la garce.

 

Étendue vierge et blonde,

Sans répit effacée,

Pour que la mer y tisse

Une laisse héritée.

Une missive absconse

Pavoisée d’algues mortes

Subtilement nous conte

De terribles fortunes.

Intersigne improbable

Aux moiteurs de l’écume,

Angoissé, je te vois

Toujours ourler la plage.

Traînent des bois flottés

Qui parfois s’emmaillotent

D’un lambeau de filet

Aux funestes desseins.

S’y accroche souvent,

Un oiseau mazouté,

Écorché, desséché,

Il vient nous avertir…

 

Mon esprit n’est que rêve…

Laissez-moi sur la rive

D’un océan de songes.

Simplement, je veux croire,

Que c’est juste la pluie,

Musicienne inspirée,

Qui lors tintinnabule,

De ses gouttes distraites.

Je ne veux surtout pas

Imaginer des doigts

Lestement caresser

Les touches blanches et noires

D’un piano de concert.

Même s’y associe,

Un accompagnement

Subtil et si présent.

Mais bien-sûr, c’est le vent !

Invisible et complice,

À la fois si léger,

Facétieux et puissant.

Mon esprit est un rêve,

Et cette rhapsodie,

Chaque fois inédite,

M’élève et me libère.

À l’ombre sublimée,

De mes fines paupières,

 

Débute le voyage…

 

Le doux vent de mes rêves…

Il souffle tendrement

Le doux vent de mes rêves

Il gonfle sans violence

Mille voiles invisibles

Que sont alors mes mots

Esquifs imaginaires

En quête d’aventures

Sur cette mer offerte

Par une feuille blanche

Immaculée et sage

Régate sans podium

Mes lettres solidaires

Dansent en farandoles

Sous des cieux éphémères

Tourmentés ou tranquilles

S’unissent sans pudeur

Cet océan étrange

Se nomme Poésie

Ses houles régulières

Sont berceaux de nos cœurs

Charmilles de nos âmes

Laissez-vous emporter

Sur cette onde secrète

Matrice voluptueuse

Des plus beaux de nos vœux

 

Le voyage inconscient …

La sente se dérobe

À mon esprit inquiet,

Juste le temps du temps

Ou le temps de l’esquive.

L’aveugle parchemin

De mes paupières closes,

Engendre des images

Mêlant tout à la fois,

Mirages barbouillés

Et brillances follettes,

Les pluies sèches des sables

Et les neiges lascives

D’un autel fantasmé.

Un quai abandonné

Susurre sous la pluie

D’ineffables partances,

Suspendu aux nuages,

Il offre silencieux,

Haridelle marine,

Son vaisseau décharné,

Toutes voiles affalées.

Ce rafiot fantomal

M’entraîne sans combat

Sous les vents sonnaillés

Du voyage inconscient…

Mon corps gît, sans tenue

Lors, mon âme voyage

Aux frontières inconnues

D’un Royaume sans roi,

D’un paradis sans Dieu,

D’un Ailleurs augural,

Où les vallées fécondes

S’étirent à l’infini.

Seule une mélopée

Aux sibyllins échos

Imprègne mon errance.

Je tutoie le Possible,

Les ténèbres se livrent,

Absconses et exaltantes.

Las, je ne suis qu’un homme…

Au tréfonds de mon être,

J’ai cependant placé

L’esquisse de l’espoir.

Attente sans futur

Désormais confidente

Qui fait alors de moi

Ce pèlerin sans foi

Résolu et inculte.

Pour Cyrillle, le 23 octobre 2024

Au grand bal du solstice

Sur la sente des heures

Qui serpente sans but,

La lune se promène

Et balade indolente

Sa jaunasse lueur

Sur les toits endormis.

Elle est pleine, elle est ocre

Et pourtant dites-moi !

Ce n’est pas le soleil

Qui a pu tous ces jours

La dorer à ce point ?

Elle a convié ce soir

Ses amis de la nuit,

Météores et planètes,

Astres, étoiles et comètes.

Mais voilà que soudain

Au grand bal du solstice

De contrariantes brumes

Et même des nuages

Chastement la recouvrent…

 

Bien-sûr ! La belle est nue…

J’fais rien

J’fais rien ou pas grand-chose,
Qu’allumer des étoiles
Sur le ciel de mes peurs,
De drôles de lucioles
Qui font rire la mer.

J’fais rien ou pas grand-chose,
Qu’essaimer quelques rêves
Sur le dais de mes nuits,
De ces éclats soudains
Qui m’offrent des matins.

Non j’fais rien, rien du tout,
Que traverser la vie
Sur la pointe des pieds,
Pour ne pas déranger
Des cons qui s’entretuent.

Non j’fais rien, rien du tout,
Je n’ai jamais rien fait
Ah ! Si, ça me revient,
Un peu de poésie
Mais, ça ne sert à rien. ..

 

Les herbes folles dansent

Les herbes folles dansent

Tout le long du chemin.

Des fleurs, en abondance,

Mêlant or et carmin

Ourlent son fin parcours.

Croyez-vous qu’il se presse ?

Non, jamais il ne court.

Il s’en va, sans paresse.

Un chemin, parchemin,

Où s’inscrivent nos pas

Mais, qui déjà demain,

Ces traces, effacera.

Un sentier, une sente,

Entre deux gris rochers

Puis, une grande pente,

Il s’y fera tranchée.

Lors il repartira

Batifoler un peu,

Enfin, il se perdra

Dans le sable râpeux

D’une crique sauvage

Qui se dore lovée,

Toute nue et bien sage,

Le chemin l’a trouvée…

 

Des secrets s’y blottissent…

Origamis de rêves

Dispersés en un souffle

Imperceptiblement

Une brise étourdie

Qui se lève au réveil

Et balaie sans mémoire

Nos histoires absconses

Se referme la crypte

Mystérieuse et ardente

Sur cet Ailleurs occulte

Paradis ou enfer

Cauchemars ou chimères

Sanctuaire onirique

Y bouillonnent nos songes

Ils sont pareils aux bulles

Qui très fugacement

Avant qu’elles n’éclatent

Essaiment nos poèmes

Hâtez-vous à l’instant

De cueillir ces pépites

Des secrets s’y blottissent

Pour Astrid

 

Un homme se souvient

Une brume à l’étale

Emballe toute chose

Il règne en cet instant

Un silence tapageur

Pleinement habité

Du vol de goélands

Voyageurs dissipés

Volatiles angoissés

Étonnamment muets

Le port s’est calfeutré

Gauchement engoncé

Dans ses draps de varech

Pour Astrid,

D’étonnantes fragrances

Envahissent pourtant

Cette haleine marine

Propre au temps du jusant

 

La plage désertée

Semble se désoler

De ne pouvoir sécher

Ses laisses dentelières

La dune ébouriffée

Figée laisse s’enfuir

Un ruisseau étourdi

Qui sinue et se perd

Dans un sable cireux

Quelques bateaux et barques

Avachis sur la vase

Prêtent leurs ventres glabres

Au suroît retenu

Sur la cale minérale

Les prames retournées

Offrent à ce tableau

Ses avares couleurs

Assis sur un vieux banc

Immobile et rêveur

Un homme se souvient

Le soir

L’Horizon n’est que braises

Et les vagues coiffées

D’un couchant couleur fraise

S’entremêlent assoiffées

Leur haleine un peu aigre

Fait du gringue aux oiseaux

Ces goélands allègres

Tous aux culs des bateaux

 

Le jour devient regret

Et se désintéresse

De ce soir un peu frais

Qu’à la lune il délaisse

J’entends le carillon

Des gréements agacés

Pleurant ce vermillon

Par la nuit effacé

Sur le port, les troquets

De leurs pâles falots

Maquillent le vieux quai

Qui n’est plus que halo

Alors Groix s’ensommeille

Et le thon girouette

Sait déjà le soleil

Parti aux oubliettes…

 

Rue du port

La brise de suet

Vint tôt matin fleurir

De discrets courants d’air.

La rue s’y parfuma,

Telle vieille coquette

Et descendit enjouée

Vers le port endormi.

Même ses bancs de bois,

Qui contemplaient distraits

L’ascension du soleil,

Étaient là désertés

La plage, en forme d’arc,

Semblait se prélasser,

Très heureuse à cette heure

De n’être plus léchée

Par quelques vaguelettes

Un tantinet fouineuses.

Lors, les barques présentes,

Inclinées sur la grève,

Rêvassaient, paresseuses,

Aux jours de belles pêches

Qu’advint-il mes amis

Quand la rue pomponnée

Rencontra le vieux port ?

Sous le sceau du secret,

Deux mouettes me l’ont dit.

Une chose est certaine,

Il se dit que depuis,

La gracieuse ruelle

Porte le nom du port…

 

Remonter le temps

Mille fleurs réveillées

Paraissent s’étirer,

D’autres semblent bailler.

Un matin ordinaire,

Son soleil un peu pâle

Escalade le ciel,

Tombe alors ses effets

De voiles embrumés.

Les oiseaux satisfaits,

Tout joyeux, le saluent,

Le décor est en place.

Sur la plage déserte

Le reflux s’enhardit,

Laisse un sable trempé

Aux architectes en herbe,

Fiers châteaux ou barrages,

Contenus maladroits

De seaux multicolores

Renversés rudement.

Je revis le passé

En cette aube estivale

Puis, je ferme les yeux…

Seul le frou-frou subtil

De vagues nonchalantes

Enveloppe l’instant.

Je pense à ce voilier

Que grand-père me fit.

J’ai remonté le temps,

Je n’ai plus que quatre ans…

La tempête

Multitude de bruits

Que le vent me ramène

Les nuages en ont peur

Et se pressent là-bas

Assurés semble-t-il

Que l’horizon serein

Puisse les abriter

L’océan lui ronchonne

Il exhibe sa houle

Écumante et fuyante

Bringuebalent les barques

Oubliées dans le port

Même les goélands

N’osent plus un envol

Posés sur une arête

Pour quelque commérage

Je les vois agacés

De devoir délaisser

L’immensité des nues

Maudissent le fripon

Qui se joue de leurs plumes

Fantaisie hivernale…

Il a posé son sac,

L’hiver, ce vagabond,

L’hiver, ce vieux maniaque,

Austère et furibond.

Le long de la ruelle,

Les arbres en sont saisis,

Lèvent leurs bras au ciel,

Dévêtus et transis.

Et, même le bitume

S’est habillé de blanc,

Insolite costume,

Incongru et troublant.

Le soleil, rougissant,

Lui dit, mine défaite,

C’est bien trop salissant,

Puis ici, point de fête !

Je veux, que pour demain,

Tu aies mis ton ciré.

Je prierai en chemin

La pluie de se montrer…